Automne Occitan.

Le soupir du vent d’Octobre à travers les forêts,

Rappelle la douceur triste de la sève, mille fois goûtée.

Élevant leurs doigts démoniaques à travers la Lune crochue,

Les arbres nous confrontent à leur feuillage perdu.

 

L’Automne dans les Pyrénées exalte la nostalgie,

De ce temps oublié, pourtant plein de magie.

Remémorons-nous, enfants d’Occitanie,

Les traditions, les loups, pour une seule nuit.

 

Le sabbat de Samain autorise des ébats

Entre le monde des Hommes et celui d’ici-bas.

Que celui qui fornique avec ces contes anciens

Se voit offrir par le Drac le plus grand des festins.

Et que cette Bête immonde, par cent fois conjurées,

Brandisse l’étendard de nos croyances méprisées.

 

Enfin, le vent de gémir s’arrête,

Faisant grincer longtemps l’ultime note de la fête,

Et les démons de fuir au coin de nos têtes s’empressent,

Abandonnant pour un an l’orgie et l’allégresse.

Mais le Drac reviendra, courant dans nos contrées,

Emportant dans sa ronde ces légendes trépassées.

L’Exode Infernale.

Avancez, avancez

Dans  les brumes du Styx!

Charon, le passeur damné,

Saura vous guider sur ses relents antiques.

Les blasphèmes insalubres qui sont ici compilés

Vous conduiront tout droit vers la démence des Sages.

Et leurs rimes incestueuses dépourvues de présages,

Se joignent à la prose d’un auteur détraqué.

Ici la raison s’abîme pour exacerber les sens,

Et les rêves avortés peuvent y donner naissance

A d’étranges silhouettes dont l’esprit est l’essence.

Avancez, avancez,

Suivez-mes mots dans l’ombre.

Croisez les chemins de cette route sombre

Et suivez mes fantasmes, portes des réalités.

Selfish Marijuana

Sous les tumultes et les huées,

Toi tu continues de rouler;

Dieu a fait l’Homme a son image,

Toi tu mets Dieu dans un nuage.

Herbe des poètes, ô pacifiste,

Tu es pourtant toujours sur la piste:

Au cœur des débats politiques,

Pendant qu’ils crèvent en Afrique.

Virez Marie-Jeanne, s’il vous plait,

Du journal de vingt heures,

Même si elle emplit nos quartiers

D’une putain de bonne odeur.

Mais t’inventer une conscience,

Pour faire entendre mon tonnerre,

N’est pas une preuve de science,

Et je n’te déclare pas la guerre.

Aussi, légalisez, légalisez,

La Tentatrice immaculée;

Et si les Raisins de la colère sont les fruits de la révolte,

La plante de la discorde, pour l’Etat, c’est celle qu’on récolte.

Printemps bohème.

A bien des égards, l’Art est une marâtre:
Exigeante, revêche, pieuse  et acariâtre;
Mais très souvent, elle peut être la Muse rebelle,
Nous envolant loin, pour jouir au profond d’elle!

De cet orgasme naissent des créations passionnées,
Forgées pour, avec l’Univers, danser.
Affranchies de codes, seules comptent l’allégresse,
Et l’énergie qui crée; l’exaltation est maîtresse.

Sans cesse, ces œuvres reviennent à la vie
Courant dans les cieux jusqu’à nos esprits.
Et quand elles rencontrent un vagabond de l’âme,
Elles s’installent dans ses pensées et y allument des flammes.

Cet homme à la tête en feu devient un bohémien,
Il erre désormais, et sans proclamer sien
Ce monde,  piste de danse de ces idées
Qui depuis leur venue jamais ne l’ont quitté.

Oh, comme il est dur de rester ici,
Quand  notre esprit enfin a fleuri!
Mais parfois il faut se résigner
A ne parcourir que fictivement ces terrains parfumés…

Alors se calme le voyageur,
Devenu immobile mais restant rêveur.
Les autres se réduisent à la contemplation,
Mais lui, il crée, tant que dure l’imagination!

Cinq cent sculptures en saignements (de nez)

[Ébauchée

C’est en regardant la transition
De mes pyjamas
à mes vêtements

Que m’est venue la compréhension:
ô vie nocturne nuit,
Pourquoi mon activité chez toi n’égale
pas
celle diurne ? ]

Qui donc ose croire encore que la pluie me dérange,
Trou d’eau courant coulant
Inondant la traînée,  ruisselant’ sur les pavés
La putain choit du ciel en niant le tempo.

Encore il a fallu que ton chemin me barre
La laideur de tes traits autrefois adorés
Tes mots puants sur mes oreilles, sinistres coutelas
Infligeant à mon corps ce que tu n’as su faire au tien.

Continuer à te voir semble être une torture,
Bien que délectables sont ces mots qui s’écoulent
Évoquant la « péninsule » qui se met à pisser
Image que je tiens parfois encore à reproduire

Grossières mes paroles, miroir de tes actions,
T’imiter est pourtant la dernière de mes envies
Mais ce poème serait injuste s’il ne se finissait
Sur un « merci pour tout » que tu mérites, en somme.

[Qu’est-ce qui est écrit ? ]
Pendaison Perdition Transition
Ah ça je le sais
On me l’a dit
La crise est plus naturelle que l’équilibre

Harmonie explosion compte les allitérations
Là-haut c’est la même chose
Mange ris crève
Mais n’oublie pas la maladie
– créatrice.

Tomber dans le trou
Tous trop beaucoup
Non bon nom
Je n’oserai pas.

Amène-toi par-là
Echo au rythme punk
Idole il dort tant pis
Réveiller. (Encor à faire…)

[Épitaphe:
Vivons le retour des nuages]

Ecce Homo

Ou «A Picture of Dorian, gay.»

Nos langues qui se croisent et ma main qui descend,
Dans ses cheveux, d’abord, quel que soit mon amant.
Puis, toujours plus bas, je traverse son dos musclé,
Et la sueur de nos corps a un doux goût salé.

Je continue mon exploration, ma main croise ses fesses;
Peu m’importe leur forme, j’éprouve tant d’allégresse
A saisir pleinement ces formes si dodues
Homme, je l’écris, oui, j’aime ton cul.

Je me perds, toujours plus bas, ma main sur ses jambes
J’apprécie tant de remonter en câlinant ses poils,
Ces virils fils de fées; de passion je tremble
Et me dirige maintenant vers le cœur, l’étoile.

J’atteins enfin mon but, en croisant les deux sœurs,
Se balançant calmement, suspendues à la branche
Je constate en touchant sa verge son ardeur
Mon partenaire bande, prions comme un dimanche.

J’abaisse ma tête vers son nid intime
Mes lèvres sur son torse, je palpe son pouls
Quand je trouve enfin son mât, oui, comme en marine
L’engouffre dans ma bouche et le pompe de tout mon soul

Je sens finalement couler au fond de ma gorge
Le nectar de la vie au parfum si infâme
Je m’en délecte pourtant, veux le marteau en ma forge
Dans nos étreintes impies c’est moi qui joue la femme.

Vient le moment ultime où nos corps se joignent
La découverte de sensations occultées par les mœurs
Quelques mouvements, son épaule j’empoigne
Empalé sur sa queue, enivré de saveurs.

Communion de nos êtres, séparés de plastique
Je le sens s’engouffrer, oh ! Tous deux pris de frénésie
De cet échange résulte de grandes vagues électriques
Qui secouent nos physiques tout au long de la nuit.

Yoga du pleur.

Intérieur. Sombre.

Doute.

Doutes.

Out.

Juillet.

Manque.

Perte.

Donne-moi de l’attention, et s’enflammera mon être.

Compréhension.

Au final, le bonheur des autres prime. Ton entourage doit être heureux, que tu le sois, c’est subsidiaire. Un plus, en somme.

Car « haine » rime avec « vaine » , et nous n’avons pas le temps d’être négatifs.

Oui. Tu t’éveilleras meilleur. Le bonheur est un état d’esprit aux multiples sentiers.

Aide les autres à les emprunter, les tiens apparaîtront.

Aime.

Extérieur. Mitigé.

Intérieur. Lumineux.